Avis présenté au nom de la commission des affaires économiques sur le projet de loi de finances pour 2019 (n°1255) - Action extérieure de l'Etat - Tourisme

Assemblée nationale - Rapporteur M. Éric PAUGET, octobre 2018
Publié le 9 novembre 2018

Le tourisme constitue un enjeu majeur de l’économie nationale. Souvent considéré à tort comme accessoire, voire peu sérieux, il représente en réalité 7 % du produit intérieur brut (PIB) par la consommation touristique intérieure. Le solde de la balance commerciale en matière de voyages est excédentaire, à 17 milliards d’euros (Md€). Par ailleurs, l’emploi dans le secteur du tourisme atteint 1,28 million de salariés en 2017, soit près de 10 % de l’emploi marchand et 5 % de l’emploi en France.

En 2017, la France, qui a accueilli 86,9 millions de touristes étrangers en métropole, est restée la première destination touristique au monde, devant l’Espagne (81,8 millions de touristes étrangers) et les États-Unis (73,0 millions).

Le nombre de touristes a progressé de 5,1 % par rapport à 2016, année qui marquait un fort recul dans le contexte des attentats de novembre 2015 à Paris et de juillet 2016 à Nice.

L’année 2017 a donc témoigné d’un rebond significatif, les effets des attentats n’apparaissant plus perceptibles par les professionnels du tourisme en termes d’arrivées touristiques (même si les prix n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant les attentats, et que la sécurité, qui reste une priorité, représente un coût important, notamment pour les professionnels de l’événementiel).

Dans la continuité, l’année 2018 devrait également être favorable. Au premier semestre 2018, l’hébergement collectif a ainsi connu une hausse du nombre de nuitées de 4 %. La progression globale de fréquentation internationale envisagée est celle d’une hausse de 3,5 % en 2018, pour atteindre un chiffre de 90 millions de touristes étrangers. Pour 2019, la hausse devrait confirmer la progression moyenne des deux années précédentes et permettre d’atteindre 94 millions de touristes étrangers, cette cible figurant dans le projet annuel de performances annexé au projet de loi de finances pour l’année 2019. L’objectif de 100 millions de touristes étrangers à l’horizon 2020 est maintenu. En revanche, celui de 50 Md€ de recettes tirées du tourisme international a été revu à la hausse à la suite de corrections apportées par la Banque de France et s’établit désormais à 60 Md€ de recettes à l’horizon 2020.

Toutefois, plusieurs signaux peuvent alerter :

– la France, bien que première destination mondiale pour les touristes internationaux, a vu ses parts de marché en termes de recettes issues du tourisme international reculer ces dernières années (avec, toutefois, un rebond en 2017) : celles-ci, qui figuraient au deuxième rang en 1980, sont désormais au troisième rang avec 53,7 Md€ en 2017, derrière les États-Unis et l’Espagne. La dépense moyenne d’un visiteur étranger (260 €) a peu évolué depuis 2013 ;

– si les résultats sont bons, ils masquent une forte hétérogénéité entre destinations : la saison a, de loin, été meilleure dans les métropoles qu’en région. Les chiffres positifs de Paris, de l’Île-de-France et des Pays de la Loire compensent des résultats plus mitigés ailleurs ;

– l’hétérogénéité est aussi perceptible entre activités : alors que les hôtels enregistrent des résultats en hausse de 0,5 %, les restaurants accusent des pertes de 2,5 % et les cafés de 3,5 % ;

– si l’année 2018 a bien débuté, le bilan du mois de juillet est plus nuancé, en raison des effets combinés du calendrier scolaire (qui retarde de plus en plus le départ en vacances), de la coupe du monde de football et des mouvements sociaux. La fréquentation sur la période estivale décroît de 0,3 % par rapport à l’année 2017 ;

– si le nombre d’arrivées étrangères augmente, le nombre de nuitées étrangères progresse moins rapidement, en raison d’une légère baisse de la durée des séjours (6,7 nuitées en moyenne en 2017 contre 6,8 en 2016).

C’est pourquoi, il est aujourd’hui essentiel de déployer une politique volontariste, permettant de pérenniser les résultats positifs – mais encore fragiles – qui semblent revenir. Plus que de se reposer sur ses acquis, la France doit impérativement et constamment innover, proposer une offre diversifiée et prendre en compte le virage numérique, pour asseoir durablement sa position de première destination touristique mondiale, dans une concurrence internationale de plus en plus rude.

Ces trois axes – innovation, numérisation, diversification – font l’objet de l’étude que votre rapporteur a souhaité conduire.

 

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