La feuille de route de la DGE en matière de compétitivité touristique

Olivier Lacoste - DGE
Publié le 1 juillet 2018

La concurrence internationale en matière de tourisme s’intensifie. Elle concerne non seulement les touristes étrangers, mais aussi de plus en plus les touristes français. Or ces derniers représentent aujourd’hui deux tiers de la consommation touristique intérieure (qui représente environ 159 milliards d’euros). La politique nationale du tourisme ne se résume pas à la promotion à l’international mais doit veiller à l’excellence de notre offre. Il importe donc que la destination France renforce sa compétitivité face aux destinations concurrentes, vis-à-vis des clientèles nationales et étrangères.

 

Deux grands axes d’action

La stratégie touristique de la DGE repose sur deux axes. Le premier consiste à favoriser le numérique, l’innovation et la diffusion de l’information stratégique. C’est l’objet, notamment, de la plateforme nationale de données DATAtourisme opérée en partenariat avec le réseau Tourisme & Territoires (voir l’interview de sa directrice Véronique Brizon). Pour favoriser l’innovation, la DGE pilote aussi le développement du réseau d’incubateurs et d’accélérateurs touristiques France Tourisme Lab. La diffusion de l’information stratégique à tous les acteurs, notamment aux PME, est également assurée via le site Veille Info Tourisme animé par la DGE.

Le deuxième axe vise à développer l’attractivité des destinations françaises. Il s’appuie en particulier sur le développement des marques (concernant la qualité et l’accessibilité), mais aussi sur la structuration des filières touristiques thématiques telles que le tourisme culturel, l’écotourisme, le tourisme fluvial, etc.

Il faudrait rajouter une troisième famille d’actions, qui contribue plus ou moins directement à la compétitivité. De façon structurelle, la DGE assure également un rôle d’animation et d’élaboration du cadre juridique et réglementaire du secteur du tourisme, en lien notamment avec l’Union européenne, les professionnels et les autres administrations. Elle a, par exemple, été pilote en 2016 et 2017 pour transposer en droit français la “directive sur les voyages à forfaits” publiée fin 2015.

 

Premier axe : favoriser le dynamisme et l’innovation

La plateforme datatourisme.gouv.fr, lancée officiellement le 12 décembre 2017 après plus de deux ans de travail, présente déjà un bilan encourageant. En juin 2018, elle a enregistré plus de 7 millions de réutilisations des données présentes dans la base. Celles-ci concernent aujourd’hui plus de 230 000 points d’intérêt (POI) : fêtes et manifestations ou informations de type « à voir, à faire ». Elle vise à faciliter le développement, par les entreprises, de services innovants.

France Tourisme Lab est quant à lui le premier réseau mondial de structures d’accompagnement des start-ups dédiées au tourisme. Il réunit un nombre croissant de structures d’accompagnement, déjà lancées ou en gestation. La première d’entre elles, l’incubateur parisien Welcome City Lab, accompagne les autres dans leur développement, chacune autour d’un thème spécifique (voir aussi l’interview de Laurent Queige, délégué général de Welcome City Lab). Le partage d’expériences, la veille sur les nouvelles tendances et la stimulation de l’innovation sur les territoires sont les missions de ce réseau.

Enfin, entre agence de presse spécialisée et observatoire économique du secteur, le site Veille Info Tourisme offre à tous les acteurs du tourisme un service d’information reconnu. Ce site collecte et organise des statistiques, articles, données, analyses et synthèses juridiques, provenant de tout type de source publique ou privée, nationales ou internationales.

 

Deuxième axe : améliorer l’attractivité des destinations, notamment grâce à la qualité et à l’accessibilité

Un temps décriée comme point faible de l’offre touristique française, la qualité de l’accueil fait aujourd’hui l’objet d’efforts qui portent leurs fruits. La marque Qualité Tourisme™ encourage ces efforts. Au 1er juin 2018, près de 5 200 prestataires avaient reçu ce label pour distinguer la qualité de leur accueil et de leurs services.

Un autre axe stratégique lié à la qualité de l’accueil consiste à faire de l’accessibilité un atout des destinations françaises. L’accessibilité n’est donc pas seulement un enjeu de société, mais aussi de compétitivité. La DGE promeut ainsi deux autres marques d’État. Tourisme & Handicap distingue une offre qui garantit l’accessibilité des équipements touristiques aux personnes en situation de handicap. Près de 5 500 sites français sont déjà labellisés. Destination pour tous permet, quant à elle, de valoriser des territoires entiers proposant une offre touristique cohérente en matière d’accessibilité.