Balance des paiements de la France 2017 : le tourisme, facteur de résistance

Banque de France, le 10 avril 2018
Publié le 10 avril 2018

En 2017, le solde des transactions courantes calculé par la Banque de France est de nouveau déficitaire à -13,1 milliards d’euros (0,6 % du PIB) mais s'améliore par rapport à 2016, grâce à la croissance des revenus nets provenant de l’étranger, tandis que le solde des biens et services se dégrade. L'excédent des seuls services augmente en 2017. Au sein des services, la reprise du tourisme se traduit par une augmentation de l'excédent des voyages qui passe de 12,9 mds en 2016 à 17 mds en 2017.

  • Le déficit des biens hors énergie (11 milliards) s’accroît de 6,4 milliards par rapport à 2016. La facture énergétique s’alourdit en outre de plus de 7 milliards en 2017.
    Le déficit global des biens se détériore donc fortement (- 13,6 milliards, à - 48,2 milliards).
  • L’excédent des services, qui s’amenuisait depuis 2013, augmente en 2017 de 8,7 milliards et s’établit à 26,5 milliards. La reprise du tourisme se traduit par une progression de l’excédent des voyages (17 milliards après 12,9 milliards en 2016). Des excédents importants sont également enregistrés sur d’autres postes, notamment les services financiers (4,7 milliards en 2017) ou les commissions pour usage de propriété intellectuelle (1,4 milliard). Le déficit des services de transports se réduit de 2,6 milliards, à - 2 milliards.
  • Au total, le déficit des échanges de biens et services est de 21,7 milliards.
    Il résulte exclusivement des échanges au sein de la zone euro, le solde étant excédentaire vis-à-vis des autres pays. La nette amélioration des dernières années sur la compétitivité-prix n'a pas encore rattrapé le retard accumulé avant 2007.
    Mais ce sont de plus en plus des facteurs de compétitivité hors-coûts qui jouent, dont le positionnement qualitatif de l'offre française et l'insuffisance du nombre d'entreprises exportatrices. Sur un plan macro-économique, le déficit public contribue à notre déséquilibre extérieur.
  • L’excédent des revenus et des transferts s’établit à 8,6 milliards, alors qu’il était quasi nul en 2016. Cela provient surtout de la progression des bénéfices des implantations industrielles et commerciales à l’étranger.
  • Les investissements directs étrangers en France atteignent 44 milliards en 2017 (entrées de capitaux nettes des sorties), après 32 milliards en 2016. Les investissements directs nets français à l’étranger s’établissent à un niveau plus élevé, à 52 milliards, tout en se repliant légèrement depuis 2016.

La position extérieure de la France, qui reflète le patrimoine financier net de la Nation vis-à-vis de l’étranger, est débitrice à hauteur de 461 milliards d’euros à fin 2017, soit 20,1 % du PIB. Ce niveau reste significativement inférieur au seuil d’alerte fixé par la procédure européenne de déséquilibres macroéconomiques (35 %).

Retrouvez le communiqué intégral sur le site de la Banque de France.