Tourisme et insécurité : cette si difficile équation africaine face au terrorisme

Le Point, 27 mai 2019
Publié le 27 mai 2019

Comment trouver un juste équilibre entre le principe de précaution et la poursuite d'activités avec d'importantes retombées économiques dans des régions menacées par des djihadistes ? La question est plus que jamais d'actualité.

En dix ans, la carte de l'Afrique s'est graduellement teintée de rouge dans les chancelleries française et britannique, pour qui cette couleur marque les zones « formellement déconseillées » aux voyageurs. Le département d'État américain fait, quant à lui, de l'Afrique le continent le plus risqué en déconseillant à ses citoyens une majorité de pays africains. Jusqu'où ces mesures, véritables coups de boutoir pour le tourisme africain, peuvent-elles aller ? Le rouge va-t-il gagner de nouveaux territoires, comme ce fut le cas peu après l'enlèvement de deux touristes français dans le nord du Bénin ? Le Quai d'Orsay ne l'exclut pas : son chef Jean-Yves Le Drian s'est dit favorable à un durcissement de la réglementation. Cette éventualité suscite une incompréhension mêlée d'inquiétude d'Agadez, cité ocre aux portes du désert de l'Aïr, aux monts du nord du Cameroun, en passant par Cotonou. « Mais à Paris aussi, il y a de l'insécurité ? » entend-on ici et là.

Tourisme et insécurité : cette si difficile équation africaine face au terrorisme