Airbnb : les maires des grandes villes veulent plus d’autonomie

Le Monde, 22 octobre 2019
Publié le 22 octobre 2019

Le Sénat a voté un amendement qui permet aux villes de fixer elles-mêmes le nombre de nuitées de location.

Les élus des grandes villes touristiques, en France comme en Europe, sont exaspérés par l’emprise croissante sur leur parc immobilier des plates-formes de location touristique, Airbnb en tête. Preuve de leur irritation, les sénateurs ont adopté jeudi 17 octobre, contre l’avis du rapporteur Mathieu Darnaud et du gouvernement, un amendement au projet de loi Engagement dans la vie locale et proximité de l’action publique, qui permet aux communes de fixer elles-mêmes un nombre autorisé de nuitées compris entre 60 et 120 par an, pour la location de courte durée d’une résidence principale.

À la manœuvre, les sénateurs socialistes, surtout ceux de Paris, comme Marie-Pierre de La Gontrie, soutenus par certains élus Les Républicains, comme Roger Karoutchi : « M. Darnaud nous répond que c’est une atteinte au droit de propriété, mais le plafond de 120 jours l’est aussi, explique M. Karoutchi. Nous ne proposons pas une obligation, mais une faculté donnée aux maires qui veulent agir pour éviter que leurs cœurs de ville ne meurent parce qu’on n’y trouve plus aucun habitant permanent. » Julien Bargeton, ancien socialiste, aujourd’hui sénateur LRM et conseiller de Paris, reconnaît que « certains professionnels de l’immobilier ont acheté des immeubles entiers pour louer en Airbnb. C’est un détournement de procédure, mais, heureusement, tous les particuliers ne font pas pareil » et s’est abstenu lors du vote. Le texte revient devant l’Assemblée nationale le 6 novembre.

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