Tourisme « La croisière a le dos bien large, peut-être à tort »

Le Monde, le 11 juin 2019
Publié le 12 juin 2019

Il aura fallu la collision entre un paquebot, le MSC Opera, et un quai, à San Basilio-Zatterre (Venise), le 2 juin, pour attirer l’attention du monde et (re) lancer le débat sur la gestion des géants de la mer. Au même moment, un rapport Transport & Environnement, groupement européen travaillant sur les politiques en matière de transport durable, faisait une annonce monstre : Carnival – l’un des croisiéristes les plus importants – aurait émis, à lui seul en 2017, des quantités de pollution atmosphérique 10 millions de fois supérieures à celles produites par les 260 millions de voitures du parc automobile européen.

Du coup, le tourisme de croisière devint une menace à l’intégrité des écosystèmes et des cultures. L’ennui dans ce type d’histoire, c’est que le navire n’est que la pointe d’un iceberg : celui de nos choix, au titre de citoyen – mais aussi de touriste. Comment en sommes-nous arrivés là ? L’arrivée de l’aviation intercontinentale à partir de 1957, puis l’explosion du tout-inclus rendue possible par les économies d’échelle que procure le voyage « de masse », ont amené une large part des sociétés développées à s’approprier le voyage comme forme d’accomplissement personnel.

Tourisme « La croisière a le dos bien large, peut-être à tort »