Venise ou la fin du tourisme ?

Geo, 4 août 2020
Publié le 4 août 2020

Il en va du tourisme comme de nombreux élixirs. Le poison, c’est la dose. Faudra-t-il désormais que les destinations qui se sont laissé entraîner dans le piège de la monoculture du tourisme imposent des fermetures partielles ? Des quotas ? Des prix d’entrée ? Rédacteur en chef de GEO, Eric Meyer s'interroge.

Les gondoles à quai, couvertes d’une bâche bleue, toute propre. L’eau des canaux soudain transparente. Et des poissons, visibles sur certaines photos. Les images de Venise pendant le confinement ont fait le tour du monde et des réseaux sociaux, imprimant dans nos mémoires un symbole de destination touristique passant soudain de l’enfer de la surfréquentation au paradis d’une nature reprenant ses droits… Depuis, l’image idyllique, un instant entrevue, des lieux libérés des foules et de la pollution s’est brouillée. Et la perspective de ce que pouvait être un monde sans tourisme, nuancée.

À Venise comme à Amsterdam, à Dubrovnik, en Égypte près des pyramides, aux Seychelles ou à Komodo, le plaisir, pour les habitants, d’avoir pu savourer ces lieux pendant quelques semaines sans les cohortes de bus, les mégapaquebots ou les kilos de papiers gras qui s’ensuivent a, hélas !, été terni par la perte de recettes et d’emplois. À Venise, 65 % de la population travaille dans le tourisme, indique notre reporter qui s’est rendu récemment dans les recoins délicieux et déserts de la cité des doges, mais a aussi pu prendre la mesure des angoisses de la ville devant le vide.

Venise ou la fin du tourisme ?