Tourisme : "Nous cherchons tous à fuir les cohortes", affirme Luc Ferry

Le Figaro, 26 septembre 2020
Publié le 28 septembre 2020

DÉCRYPTAGE - Le philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale analyse en trois questions, avec circonspection, les nouvelles attentes des voyageurs, et juge les variations de la géographie du tourisme depuis la pandémie.

La crise sanitaire actuelle a-t-elle sonné le glas du tourisme de masse ?

Pour le moment, oui, puisqu’on ne peut pratiquement plus voyager à l’étranger. La plupart des pays ferment leurs portes. La Suisse, pourtant nation libérale entre toutes, vient d’imposer la quatorzaine aux voyageurs venant de France, mais les Seychelles, pour donner un exemple de destination privilégiée, en font autant. Du reste, c’est cette fermeture des frontières qui a fait cet été le bonheur des restaurateurs et des hôteliers de régions de France qui n’étaient pas aussi habitués à voir des flots de touristes déferler. Cela laissera sans doute des traces, mais le tourisme de masse à destination de l’étranger n’en reprendra pas moins dès que la pandémie sera jugulée. Sauf à se priver d’aller voir les sites les plus beaux ou les plus intéressants au monde sur le plan culturel ou naturel, sauf à ne plus jamais aller voir Venise, nous sommes tous plus ou moins obligés de cohabiter avec le tourisme de masse.

Tourisme : « Nous cherchons tous à fuir les cohortes », affirme Luc Ferry