Obtenir de la véritable data, le nouvel eldorado du tourisme et de la culture ?

Etourisme.info, 7 octobre 2020
Publié le 7 octobre 2020

La statistique touristique, l’art délicat de l’approximation

Quand j’ai commencé ma carrière dans l’enseignement supérieur en tourisme, il y a une vingtaine d’années, l’une de mes premières préoccupations fut, à l’époque, de trouver ce qu’on appelait alors des statistiques, pour comprendre le secteur d’abord d’un point de vue macroéconomique. Je me suis tourné alors naturellement vers l’INSEE et les publications du Ministère (qui deviendront le fameux « mémento du tourisme »), bibles des experts du secteur, que tout élu, technicien et stratège citait alors comme texte de référence. L’objet de vénération ne dura le temps que de leur première lecture, puisque les données de base (nombre de lits marchands, nombre de lits non marchands, etc.) me semblaient relativement abstraits. Et manquait le plus important de cette économie, le client.

Bien sûr, je pouvais imaginer combien le résultat français en matière d’accueil des visiteurs étrangers était important. Et j’entendis vite résonner comme un doux refrain de la France, « première destination mondiale » et « troisième (puis quatrième) en matière de dépenses générées par les visiteurs internationaux ». Cette « anomalie » statistique fut soulignée des centaines de fois lors de colloques, de journées professionnelles ou manifestations de tous ordres, à l’occasion de discours plus ou convaincus et convaincants. Je découvris également rapidement les « comptes satellites du tourisme », travaillai même quelques années avec celui qui s’en proclamait l’inventeur et était fier d’avoir inspiré la statistique internationale. Le modèle français de la mesure publique triomphait partout dans le monde. Cocorico, nous étions les meilleurs et les plus forts !
 

Obtenir de la véritable data, le nouvel eldorado du tourisme et de la culture ?