Après la crise du Covid-19, un tourisme plus stable que durable

Le Monde, 6 juillet 2020
Publié le 6 juillet 2020

Après la pause brutale imposée par la pandémie, les intérêts et les habitudes des acteurs de cette industrie de masse (10 % du PIB mondial) devraient jouer en faveur d’un retour à la croissance. Et ce malgré les appels à une mutation verte du secteur et des tentatives concrètes de régulation.

Pour les vulnérables varans de Komodo, la pandémie de Covid-19 a résolu l’équation sur laquelle les hommes butaient : comment conserver la manne touristique tout en protégeant les lézards géants qui la génèrent ? En faisant une pause, avaient suggéré les autorités locales l’an dernier, et en fermant le parc national toute l’année 2020. Hors de question, avaient répondu les petites entreprises touristiques locales, soutenues par le gouvernement de Djakarta. Avec le Covid-19, les dragons de Komodo ont finalement eu droit à leurs trois mois de tranquillité absolue ; et l’écosystème garantissant leur survie a prospéré.

Cette fable indonésienne rappelle que la manifestation la plus voyante de la pandémie fut, en de nombreux endroits, la disparition du tourisme. C’est, pour ce secteur économique qui représente 10 % du produit intérieur brut et des emplois dans le monde, une double source d’inquiétudes : d’abord parce que de nombreuses affaires, dans cette économie largement composée de micro-entreprises, ne survivront pas à cette perte sèche ; ensuite, parce que les effets néfastes de la sainte trinité du tourisme de masse – croisières, vols low cost et resorts balnéaires – ont été d’autant plus visibles qu’ils n’étaient plus là.

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