La montagne basque malmenée par l’afflux de visiteurs

Le Monde, 18 octobre 2020
Publié le 19 octobre 2020

Les habitants s’interrogent sur les conséquences écologiques de la surfréquentation, après une saison marquée par un nombre inhabituel de touristes.

« La folie ! » Dans Karrika Nagusia – la grand-rue –, « nous avons eu jusqu’à 10 000 passants certains jours de juillet et août », s’exclame Annie Etcheverry, une habitante d’Espelette (Pyrénées-Atlantiques). Au point de saturer une nouvelle fois la commune que certains qualifient de « Lourdes du piment ». Mais cette saison touristique, qui prend officiellement fin à la Toussaint, fut exceptionnelle. Car les visiteurs se sont aussi déversés en masse sur les Pyrénées alentour. Une bonne affaire pour les commerçants et restaurateurs, mais aussi une source de mécontentement dans la région, parfois malmenée par l’afflux de visiteurs.

À l’est d’Espelette, Saint-Jean-Pied-de-Port a confirmé sa renommée. « Nous avons eu beaucoup d’adeptes des randonnées, davantage encore qu’en 2019, avec nombre de Parisiens, de Bretons et de Bordelais, mais cette année peu d’étrangers », raconte Florence Steunou, conseillère à l’Office de tourisme de la ville. Dans le contexte de la crise sanitaire, la côte basque et Biarritz ont si bien fait le plein que de nombreuses familles ont délaissé les stations balnéaires surpeuplées pour les villages proches du littoral (Ascain, Sare, Saint-Pée-sur-Nivelle, Ainhoa). Destination : la montagne de La Rhune et ses 905 mètres, le site le plus visité du Pays basque avec près de 400 000 voyageurs par an sur son train à crémaillère.

La montagne basque malmenée par l’afflux de visiteurs