"Pour un autre tourisme en montagne" ? Pourquoi nous n'y sommes pas encore. Pourquoi l'espoir est permis

Skieur, 4 mai 2021
Publié le 4 mai 2021

Après un hiver catastrophique pour l’économie touristique et dans un environnement déjà largement impacté par le réchauffement climatique, les acteurs de la montagne veulent réagir vite et fort. Mais cet empressement bien compréhensible ne risque-t-il pas d’occulter une étape indispensable de réflexion, de remise en cause, pour ne pas dire... d’examen de conscience ? Ne remettons pas à demain les remises en question qui fâchent. Or, nous n’y sommes pas encore.

Nous n’y sommes pas encore si nous refusons de faire le compte des renoncements que nous avons préféré "mettre sous le tapis" depuis plusieurs décennies et particulièrement :

• L’indifférence voire le déni dont nous avons fait preuve devant la disparition depuis 30 à 40 ans, sous les coups de la réglementation et de la priorité donnée à la rentabilité financière, des classes de neige et des classes vertes avec la fermeture progressive de ces hébergements de vacances destinés aux jeunes et si utiles à la sensibilisation et les envies de pratique dès le plus jeune âge.

• Le trop long désintérêt, voire la désinvolture d’investisseurs et de collectivités à l’égard du tourisme de montagne estival, certes aujourd’hui encensé après une saison hivernale "blanche", mais trop longtemps considéré, reconnaissons-le, comme le parent pauvre des sports d’hiver.

Nous n’y sommes pas encore si nous ne reconnaissons pas la priorité que nous avons jusque-là accordée aux clientèles internationales à hauts revenus – que nous devons bien évidemment accueillir avec toute la bienveillance et la qualité de services qu’elles méritent – mais dont l’impact économique nous a conduits à sous-estimer, voire négliger nos efforts vis-à-vis de la clientèle de proximité et plus largement de nos compatriotes. Le taux de départ des Français en séjour de sports d’hiver – un peu moins de 9 % - a à peine bougé depuis près de 40 ans. Encore faut-il rappeler qu’il concerne toujours massivement les classes sociales les plus favorisées.

"Pour un autre tourisme en montagne" ? Pourquoi nous n'y sommes pas encore. Pourquoi l'espoir est permis