Le bilan de la saison touristique 2020 en France

Conseil des ministres, 16 septembre 2020
Publié le 17 septembre 2020

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, ont présenté une communication faisant le bilan de la saison touristique.

Les premières estimations de la fréquentation estivale font apparaître des résultats meilleurs que ceux redoutés au printemps dernier, même si la crise sanitaire liée au covid-19 a durement affecté les acteurs du tourisme du fait des restrictions d’activité mises en place pour lutter contre l’épidémie et graduellement levées depuis mai, ainsi que, de manière plus durable, des entraves aux déplacements internationaux.

La France a ainsi mieux résisté que ses voisins, notamment l’Italie et l’Espagne, mais les résultats constatés y restent inégaux selon les territoires et les filières. Si l’absence de la clientèle internationale n’a pu être intégralement compensée, ces résultats globalement satisfaisants ont pu être obtenus grâce :

  • à une mobilisation du marché domestique. 53 % des Français sont partis en juillet et août ; 94 % des partants sont restés en France ;
  • à la venue d’une clientèle européenne de proximité (notamment belge, néerlandaise et allemande) ;
  • à la qualité et à la diversité de l’offre française, qui a permis à de nombreuses destinations d’attirer des clientèles à la recherche de nature, d’espaces et de loisirs ;
  • à une active campagne de promotion de la destination France inaugurée le 19 juin par Atout France (« Cet été, je visite la France »).

Le niveau d’activité touristique en juillet a été bien meilleur qu’en juin. Malgré une forte hétérogénéité géographique, la fréquentation observée au mois d’août a été globalement bonne.

Les activités de plein air, les destinations du littoral et de la campagne ont été privilégiées par les touristes. La saison a été en revanche difficile dans les grandes villes, en Corse et dans les outre-mer. À Paris, moins de la moitié des hôtels étaient ouverts et les taux d’occupation observés ont été particulièrement faibles. Ce constat se vérifie également à Bordeaux. En revanche, Marseille fait exception à cette tendance.

De manière générale, les destinations positionnées prioritairement sur le haut de gamme, avec un niveau d’internationalisation important, ont eu davantage de difficultés à compenser les baisses de fréquentation par la bonne tenue du marché domestique.

En matière d’hébergements, la saison s’est caractérisée par une très bonne dynamique pour la fréquentation des gîtes, des chambres d’hôtes et des meublés. La fréquentation hôtelière a été en revanche plus nuancée selon les territoires. Des évolutions de comportements touristiques peuvent également être constatées : fréquentation de proximité, orientation vers de courts séjours, choix de dernière minute, recherche des grands espaces naturels.

La consommation touristique a fortement chuté depuis le début de la crise liée à la pandémie de covid-19. Selon la Banque de France, les recettes touristiques internationales de la France ont été de 12,3Mds€ au premier semestre 2020 contre 25,5Mds€ de janvier à juin 2019, soit une perte de 13,2Mds€ (-51,9 %). D’après les premières estimations d’Atout France, les pertes potentielles de recettes touristiques globales pour l’année sont estimées entre 50 et 60Mds€, soit une baisse comprise entre 30 et 35 % de la consommation touristique annuelle.

Les évolutions de la pandémie, la faiblesse du tourisme d’affaires et des groupes et le durcissement des conditions de mobilité internationale sont préoccupants et justifient le maintien d’un fort engagement de l’État aux côtés des acteurs de la filière, alors qu’approche l’arrière-saison et que les prochaines semaines seront stratégiques pour la bonne préparation des hautes saisons pour les stations de sports d’hiver et pour les destinations outre-mer.

Le plan d’urgence et de soutien présenté lors du comité interministériel du tourisme du 14 mai 2020 à hauteur de 18 Md€ a été largement mobilisé par les professionnels. Alors que certaines mesures se mettent encore en place, le secteur a déjà bénéficié d’environ 13 Mds€ de soutien public, dont :

  • le PGE tourisme, qui a fait l’objet de pré-accords pour 9,6Md€, dont 4,98M€ pour la restauration et 2,38Md€ pour l’hôtellerie ;
  • le PGE « saison », qui a démarré ce mois de septembre et a d’ores et déjà été octroyé à 1 097 entreprises pour un montant de 125M€ ;
  • le fonds de solidarité, avec 781 M€ versés aux entreprises du secteur hôtellerie restauration.

L’État continuera à accompagner le secteur touristique pour faciliter le rebond et la reprise de l’activité.

La filière tourisme profitera par ailleurs pleinement du plan de relance présenté le 3 septembre. Outre les mesures transverses dont bénéficieront notamment les PME du secteur et qui viseront en particulier à accompagner leur numérisation, le Gouvernement consacrera 50 millions d’euros à la constitution d’un fonds de soutien à l’émergence de projets de tourisme durable.

Pour tirer un bilan plus complet de la saison touristique et des mesures de soutien mises en place, ainsi que pour tracer de nouvelles perspectives avec les acteurs de la filière tourisme, le Premier ministre réunira un nouveau comité interministériel du tourisme dans le courant du mois d’octobre.

Le bilan de la saison touristique