Slow Tourisme

Vincent Oberto pour Veille Info Tourisme
Publié le 17 janvier 2018

Le soutien à des pratiques de tourisme durable

Loin des circuits touristiques classiques, de plus en plus de touristes, français et étrangers, sont en quête de séjours authentiques, responsables, ressourçant, proche de la nature et des éléments naturels (eau thermale, beaux paysages, expériences authentiques), au cours desquels ils auront la possibilité de se déplacer de manière différente et de prendre le temps de découvrir la diversité des territoires français. Un nouveau terme a été consacré, « slow tourisme », qui  désigne des formes de tourisme centrées sur l’itinérance douce (tourisme fluvial, à vélo, à pied ou à cheval…) et privilégiant des hébergements permettant une proximité avec la nature et les habitants des territoires visités.

Trois exemples d’itinérance douce : le tourisme à vélo, le tourisme fluvial et la randonnée pédestre.

Le tourisme à vélo bénéficie d'un important potentiel de développement. Avec plus d’un million de pratiquants, dont une forte proportion d’étrangers, la France constitue l’une des principales destinations mondiales du tourisme à vélo, attirant notamment des clientèles touristiques venues d’Europe et d’Amérique du Nord. Cette filière représente 3 % des séjours touristiques en France et crée d’importantes retombées économiques sur le territoire. En effet, un cycliste itinérant dépense en moyenne entre 60 € et 70 € pendant son séjour, contre 54 € pour un tourisme « classique » ; en outre, sa durée de séjour est également plus longue que la moyenne. L’objectif à moyen terme de la politique nationale de développement du tourisme à vélo est de doubler le nombre de séjours touristiques à vélo afin de créer plusieurs milliers d’emplois supplémentaires et 2 Mds€ de chiffre d'affaires supplémentaires.

Le tourisme fluvial présente des perspectives de développement importantes en France. Les touristes étrangers apprécient de découvrir notre pays à travers ses fleuves, ses rivières et ses canaux. Ainsi, en 2012, 68 % des loueurs de bateaux sans permis étaient étrangers. Le secteur est de plus en plus porteur pour l’économie française, comme en attestent  quelques chiffres clés (source VNF) : 18 000 km de voies d’eau, dont 8 500 km navigables ; 10 millions de passagers transportés par an ; un chiffre d’affaires annuel de la croisière fluviale compris entre 350 M€ et 400 M€ par an ; des retombées économiques de l’ordre de 500 M€ par an.

En matière de randonnée pédestre, la France dispose de 65 000 km de sentiers de Grande Randonnée, d’environ 115 000 km d'itinéraires de Promenade et Randonnée et de grandes traversées mythiques. Cet ensemble offre des possibilités à tous les types de randonneurs, sportifs ou non. Certains itinéraires de prestige comme le Tour du Mont Blanc, le GR20 (qui traverse la Corse) ou les chemins de Saint Jacques de Compostelle sont connus à l’étranger et attirent déjà un grand nombre de touristes internationaux. Sur les seuls sentiers de Grande Randonnée, les retombées économiques de l’itinérance, toutes clientèles confondues, sont estimées à 2,4 Mds€.

Les modalités de l’action publique

La DGE soutient et accompagne le développement de l’itinérance douce en particulier par le biais des « contrats de destination » (le contrat « Voyage dans les Alpes » met l’accent sur le développement de l’itinérance touristique, notamment pédestre, comme vecteur de découverte des contrées alpines) et des SPôTT (l’expérience Terra Gers invite à découvrir la richesse patrimoniale et culturelle du Gers par des modes de déplacements doux qui favorisent la proximité avec la nature et laissent la place aux rencontres et découvertes insolites).

Par ailleurs, différents labels nationaux, soutenus par la DGE, participent directement à la promotion de l’itinérance douce, parmi lesquels on peut citer le « réseau des stations vertes et villages de neige » ; les Parcs naturels régionaux ; les « Sites remarquables du goût » ; le label national « Rando Accueil » ; la marque Destination Rando ou encore le label Grand site de France.

Enfin, l’administration du tourisme s’efforce de faire progresser la connaissance sur le secteur, en faisant réaliser des études qu’elle met à disposition des acteurs du secteur.