"Traverser les frontières pour un bistouri… Depuis le début des années 2000, de plus en plus de patients sautent dans un avion pour rejoindre leur hôpital, à l’autre bout de la planète. Chaque année, quelques 3 millions de « touristes médicaux » défient ainsi les fuseaux horaires, qui pour une prothèse de hanche en Thaïlande, qui pour un sourire de star en Hongrie ou un cœur tout neuf en Inde, selon les estimations du cabinet de conseil KPMG.
Un business florissant, qui pourrait atteindre 130 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015, et dont la France, jusque-là exclue, veut faire partie. L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a ouvert la voie en signant, il y a peu, un accord avec une société implantée dans une dizaine de pays du Moyen-Orient « pour mieux organiser et développer l’accueil, payant, de patients étrangers en France », comme l'explique le Journal du dimanche, dans son édition du 5 août. Au début de l’année, selon les informations obtenues par Marianne2, les Hôpitaux de Paris avaient déjà mis en place une cellule chargée de l’accueil de ces patients prêts à payer, cher, l’excellence de la médecine française. Lancé quelques années plus tôt, le projet s'était heurté à des résitances et avait capoté. « La France est très peu représentée dans le business international du tourisme médical », regrette un médecin de l'AP-HP. Accueillir des étrangers à un tarif autrement plus important que le tarif Sécu, « c’est du bénéfice net pour l’hôpital. Les caisses sont vides, si on veut survivre, c’est obligatoire », poursuit le toubib, très favorable à la mise en place d’une telle filière".
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