"Dans un contexte mondial marqué, au cours de l'année qui vient de s'écouler, par un ralentissement économique brutal, il est logique que l'activité touristique soit particulièrement impactée, tant il est vrai qu'elle est au premier chef tributaire des capacités de consommation des ménages français et étrangers.
Il ressort des premiers bilans dont nous pouvons disposer de la saison hivernale 2008/2009 et de la saison estivale 2009 que le secteur du tourisme résiste tant bien que mal à la crise. S'agissant d'une activité qui représente près de 6,3% du PIB et fournit près de deux millions d'emplois directs ou indirects, il y a tout lieu de prêter attention à son évolution.
La France est demeurée en 2008, malgré le renversement conjoncturel de la fin de l'année, la première destination touristique mondiale en nombre d'arrivées. Celles-ci sont néanmoins repassées sous la barre des 80 millions, pour atteindre 79,3 millions d'entrants (contre 81,9 millions en 2007). Dans le même temps, les recettes touristiques, point faible relatif mais récurrent, chutaient de 4,6% et le solde positif de la ligne « Voyages » de la balance des paiements connaissait une forte baisse de 34%.
Il convient de s'arrêter sur ces derniers chiffres : le tourisme est l'un des postes de la balance des biens et services présentant l'excédent le plus élevé. Sa contribution indiscutablement positive à l'économie française ne doit toutefois pas faire occulter, au-delà des considérations conjoncturelles (le cours de l'euro a notamment dopé la hausse des dépenses des touristes français à l'étranger), des faiblesses structurelles auxquelles il convient de remédier : le tourisme est désormais un secteur mondialisé, dans lequel la part de marché de la France est en constante diminution depuis les années 1990, y compris par rapport à nos concurrents européens traditionnels (Italie et Espagne notamment).
Il ne s'agit plus en l'espèce de nous reposer sur nos acquis, qui ne sont pas minces, mais bel et bien d'encourager la modernisation de ce secteur et de l'aider à atteindre un niveau de « croissance accessible », à la mesure de notre potentiel touristique.
Le Gouvernement a assurément pris la mesure du problème en inscrivant à l'ordre du jour des travaux de notre assemblée, au printemps 2009, la discussion du projet de loi de développement et de modernisation des services touristiques. Nous reviendrons sur les réformes importantes engagées au titre de cette loi, définitivement adoptée au mois de juillet dernier, et qui vont bien au-delà de la mesure-phare de la baisse de la TVA dans la restauration.
De nouveaux instruments ont été mis en place ou refondus en vue de la mise en oeuvre d'une politique publique du tourisme ambitieuse et adaptée aux besoins des différents partenaires de ce secteur, sans omettre le touriste lui-même, le tout dans une perspective plus large de mise en valeur de nos territoires.
Le programme Tourisme du projet de loi de finances pour 2010 se doit de tenir compte des changements intervenus dans les structures même de l'action publique, même s'il faut souligner que lesdits changements, d'une part ne font que conforter des objectifs antérieurement affirmés, d'autre part nécessitent assurément une période de transition pour pouvoir mieux apprécier leur caractère pleinement opérationnel.
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