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Le dernier baromètre de l'OMT confirme : "le ralentissement de la croissance dans le tourisme est le reflet des incertitudes actuelles"
 
  
 
  Baromètre OMT - 12 novembre 2008
  publié le 12 novembre 2008
  Thématique: Economie, Sécurité risque et crise, Tourisme international
 
 
Le dernier baromètre volume 6, n°3 octobre 2008
Communiqué de presse : Le climat d'incertitude pèse sur la croissance du tourisme
Madrid, le 10 novembre 2008

La dernière édition du Baromètre OMT du tourisme mondial confirme que la croissance du tourisme international a fortement ralenti depuis la mi-2008 ; c'est la conséquence de la hausse des cours du pétrole au début de l'année, et de la dégradation de la conjoncture économique ainsi que de la confiance des consommateurs ces derniers mois. Cependant, les prévisionnistes tablent toujours sur une croissance globale d'environ 2 % pour 2008, grâce aux très bons résultats du début de l'année. Le "Comité de relance du tourisme" de l'OMT a pour rôle d'aider ses Membres en effectuant pour eux des analyses économiques rigoureuses et en leur fournissant des moyens de s'adapter. La réponse du secteur touristique au ralentissement de l'économie sera évoquée au cours du sommet ministériel mondial qui se tiendra pendant le World Travel Market le 11 novembre à Londres. Des groupes de discussion régionaux se réuniront par la suite, à commencer par celui du Moyen-Orient (Sharm el Sheikh, Egypte, les 23 et 24 novembre).

Après un bon début d'année (les arrivées de touristes internationaux ont progressé en moyenne de 5,7 % entre janvier et avril), le taux de croissance est tombé sous la barre de 2 % en juin, juillet et août parce que le prix élevé du pétrole et la hausse de l'inflation ont laissé des traces et se sont ajoutés aux craintes de récession pour conduire les voyageurs à resserrer leur budget. Sur les huit premiers mois de 2008, la croissance moyenne a été de 3,7 % par rapport à la même période en 2007 ; pour l'ensemble de l'année, on prévoit aujourd'hui qu'elle devrait tourner autour de 2 %.

Par ailleurs, vu que la situation économique troublée que l'on connaît devrait se prolonger en 2009, les premières prévisions de l'OMT pour l'année prochaine font ressortir une croissance encore plus modeste.

L'Asie-Pacifique est la région où la croissance s'est dégradée le plus rapidement à ce jour ; après 18 mois très positifs, elle a commencé à reculer en mars pour afficher même des valeurs négatives en août.

En Europe, la croissance a également stagné pendant l'été de l'hémisphère nord. De même, elle a fléchi aux Amériques, en Afrique et au Moyen-Orient, mais d'une façon moins prononcée.

Dans les régions

Les tendances régionales peuvent encore varier à mesure que l'on disposera de nouvelles données, mais elles se présentent comme suit selon le Baromètre :

L'Europe affiche actuellement +2 % pour les huit premiers mois de 2008 (soit bien moins que les 5 % de croissance affichés ces deux dernières années), et ce ralentissement n'a épargné aucune des quatre sous-régions. En Asie-Pacifique, le taux de croissance (+4 %) est là aussi inférieur à celui de 2007 ; l'Océanie et l'Asie du Nord-Est pâtissent le plus du tassement de la demande. Les Amériques, pour l'instant, se comportent mieux qu'en 2007, en hausse de 6 % sur les huit premiers mois. La région n'a apparemment essuyé qu'un léger ralentissement en juillet et août. Le Moyen-Orient se révèle de nouveau le meilleur élève depuis le début de 2008, avec une croissance estimée à 17 % pour la période de janvier à août. Mais, les données disponibles étant limitées, il faudra peut-être revoir cette estimation. En Afrique, le taux de croissance apparaît actuellement inférieur de plus de la moitié au niveau de 2007. Une fois encore, elle doit cette croissance en grande partie au très bon résultat de l'Afrique du Nord car, en Afrique subsaharienne, le taux de croissance moyen a nettement chuté par rapport à 2007.

Perspectives

Jusqu'au mois d'août compris, on a dénombré 23 millions d'arrivées supplémentaires en 2008, pour un total de 642 millions de touristes internationaux. Mais les chiffres de la période de janvier à août reflètent pour une bonne part la situation qui prévalait avant le début du ralentissement, pendant laquelle la croissance était restée régulière dans le monde entier pour même atteindre un taux de 7 % en mai. Le rythme de progression des arrivées de touristes internationaux est tombé à moins de 2 % en juin, et à 1 % pendant la haute saison en juillet et août, ce qui signifie que les prix de l'énergie, l'inflation et le resserrement du crédit ont réellement commencé à agir sur la demande touristique.

Le refroidissement de l'économie, conjugué aux incertitudes du moment, à l'extrême instabilité des marchés et à la perte de confiance des consommateurs comme des chefs d'entreprise, devrait continuer de freiner la demande, du moins à court et moyen terme :

On s'attend que beaucoup d'entreprises compriment leurs coûts, ce qui se fera rapidement sentir sur les marchés consommateurs. Les comptes de nombreuses entreprises étant actuellement sous haute tension, les voyages d'affaires devraient également être davantage touchés que les voyages d'agrément. A la différence de crises précédentes comme le 11 septembre et l'épidémie de SRAS, le marasme actuel n'entame pas le désir de voyager. Toute la question est de savoir si les consommateurs auront les moyens de voyager ou s'ils voudront dépenser dans les voyages face à une conjoncture économique aussi incertaine.
Jusqu'à présent, le tourisme international résiste mieux à ce ralentissement que d'autres secteurs de l'économie tels que le bâtiment, l'immobilier ou l'automobile. Comme dans les situations de crise précédentesLe trafic vers les destinations proches, y compris le tourisme interne, devrait être avantagé par rapport aux voyages long-courriers. Des segments comme les visites aux parents et amis, les clientèles d'habitués, les voyages à thème et les voyageurs indépendants devraient mieux résister. La diminution de la durée moyenne des séjours ainsi que des dépenses devrait être plus prononcée que la baisse du volume global. Les destinations offrant un bon rapport qualité/prix et un taux de change intéressant seront avantagées car le prix va devenir un élément déterminant du choix. Les entreprises vont et devront se concentrer sur la limitation des coûts pour rester compétitives. Il est plus que jamais nécessaire de se serrer les coudes tout au long de la chaîne de valeur du tourisme, que ce soit entre les secteurs public et privé, ou entre les destinations et les professionnels.
Le Baromètre rappelle que le ralentissement de la croissance du tourisme international que l'on anticipe pour 2008, puis pour 2009, succède à quatre années d'une embellie sans précédent. Entre 2004 et 2007, le nombre d'arrivées de touristes internationaux s'est en effet accru à un rythme exceptionnel de 7 % par an, progression bien supérieure à la moyenne de long terme, de 4 %.

On trouvera des prévisions détaillées pour 2008 et 2009 concernant le monde et chaque région dans le dernier numéro du Baromètre OMT du tourisme mondial.

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Dernière mise à jour : 13 novembre 2008
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