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Le mal de vivre de la petite hôtellerie
 
  
 
  Mark Watkins, Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française, 29 septembre 2008
  publié le 28 septembre 2008
  Thématique: Hôtellerie
 
 

"Le Comité pour  la Modernisation de  l'Hôtellerie Française a produit une étude  économique totalement  inédite sur  la  petite hôtellerie.  Les unités de moins de 25  chambres, qui  ont fait  l'objet  de  cette enquête,  sont  en  effet  très majoritaires dans  le paysage  hôtelier  français, avec près de 15.000 adresses classées et non classées, soit 6 hôtels français sur 10.
Que nous apprend cette enquête ? Elle nous donne en premier une petite vision heureuse  : ces hôteliers exploitant  de petites maisons sont  le  plus souvent  des débrouillards et  des passionnés de  leur métier. Leur  principale récompense, disent-ils, est  quand  leurs  clients  leur disent merci  ! Ils donnent  le change à ceux qui pensaient que  les hôteliers n'avaient  tous en  tête que de gagner beaucoup  d'argent. Face à ça,  il  est vrai que si  l'on veut  faire  fortune dans  l'hôtellerie,  ce n'est pas en exploitant  un petit hôtel que  l'on va y parvenir. Notre étude  le confirme sans détour. Près d'un hôtelier  interrogé sur 2 annonce une activité chroniquement déficitaire ou  encore  en  fragile équilibre. Près  de  40 % des  hôtels  ne  dépassent  pas  les 50 % de  taux d'occupation à  l'année et généralement  les prix restent bas, surtout en milieu rural. On le savait, mais l'étude du  Comité enfonce  le clou  : le modèle économique de la  petite  hôtellerie se base principalement sur le système D.
Ces  hôtels  emploient  peu  ou  pas de  personnel  (quand  ils  parviennent à en  trouver !), qu'il est généralement  impossible  de  payer convenablement  (selon  les  déclarations des hôteliers eux-mêmes) ; ils  font  largement  appel  aux  apprentis  et  aux  stagiaires  ;  leurs patrons  travaillent  comme  des fous  pour  souvent  se  gratifier d'une rémunération de misère ; ils exploitent  à  70 % en  couple et  à 15  %  avec  leurs  enfants  ;  enfin, l'entreprise  dégage  fréquemment insuffisamment  de  marge  pour envisager des  travaux de  revalorisation de l'établissement.
A  cela  il  faut  ajouter  que  les  exploitants  sont  peu  nombreux  à pouvoir  ou  à  vouloir  engager  des actions commerciales et promotionnelles  (seulement  près de 15 % le  font), qu'ils subissent de plus en plus de difficultés à lutter  contre la saisonnalité de  la demande et qu'ils ont à subir une cascade de nouvelles contraintes, dont celles des normes  de  sécurité  incendie  (pour  2011) de l'accès aux personnes handicapées (pour 2015). Du  coup, tout cela crée une situation alarmante, que  l'on connaissait déjà mais qui  vient d'être sérieusement réactualisée. Conséquence ? Des hôtels qui  ferment ou encore qui  vieillissent  très vite et qui  par enchaînement deviennent moins attractifs, avec  à  la  clef des clients qui  fuient vers d'autres formes d'hébergements touristiques.
Vendre au plus vite
 Le plus  inquiétant  suit  :  les  hôteliers perdent  courage et  notre étude  révèle  que  56 % des exploitants de petits hôtels interrogés veulent  vendre leur affaire à court ou à très court terme. Le Comité pour  la Modernisation  de  l'Hôtellerie  Française  ne  cesse  de  rappeler  cette pathétique et précaire situation  observée depuis ces dernières années. Notre enquête confirme qu'il  est devenu urgent  de  répondre aux SOS des hôteliers concernés si on ne veut pas que  le paysage hôtelier français se dépeuple de ses petites maisons de charme. "

Mark Watkins - Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française

L'étude complète sera présentée le 22 octobre prochain à Paris.

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Dernière mise à jour : 30 septembre 2008
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