| | "Le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française a produit une étude économique totalement inédite sur la petite hôtellerie. Les unités de moins de 25 chambres, qui ont fait l'objet de cette enquête, sont en effet très majoritaires dans le paysage hôtelier français, avec près de 15.000 adresses classées et non classées, soit 6 hôtels français sur 10. Que nous apprend cette enquête ? Elle nous donne en premier une petite vision heureuse : ces hôteliers exploitant de petites maisons sont le plus souvent des débrouillards et des passionnés de leur métier. Leur principale récompense, disent-ils, est quand leurs clients leur disent merci ! Ils donnent le change à ceux qui pensaient que les hôteliers n'avaient tous en tête que de gagner beaucoup d'argent. Face à ça, il est vrai que si l'on veut faire fortune dans l'hôtellerie, ce n'est pas en exploitant un petit hôtel que l'on va y parvenir. Notre étude le confirme sans détour. Près d'un hôtelier interrogé sur 2 annonce une activité chroniquement déficitaire ou encore en fragile équilibre. Près de 40 % des hôtels ne dépassent pas les 50 % de taux d'occupation à l'année et généralement les prix restent bas, surtout en milieu rural. On le savait, mais l'étude du Comité enfonce le clou : le modèle économique de la petite hôtellerie se base principalement sur le système D. Ces hôtels emploient peu ou pas de personnel (quand ils parviennent à en trouver !), qu'il est généralement impossible de payer convenablement (selon les déclarations des hôteliers eux-mêmes) ; ils font largement appel aux apprentis et aux stagiaires ; leurs patrons travaillent comme des fous pour souvent se gratifier d'une rémunération de misère ; ils exploitent à 70 % en couple et à 15 % avec leurs enfants ; enfin, l'entreprise dégage fréquemment insuffisamment de marge pour envisager des travaux de revalorisation de l'établissement. A cela il faut ajouter que les exploitants sont peu nombreux à pouvoir ou à vouloir engager des actions commerciales et promotionnelles (seulement près de 15 % le font), qu'ils subissent de plus en plus de difficultés à lutter contre la saisonnalité de la demande et qu'ils ont à subir une cascade de nouvelles contraintes, dont celles des normes de sécurité incendie (pour 2011) de l'accès aux personnes handicapées (pour 2015). Du coup, tout cela crée une situation alarmante, que l'on connaissait déjà mais qui vient d'être sérieusement réactualisée. Conséquence ? Des hôtels qui ferment ou encore qui vieillissent très vite et qui par enchaînement deviennent moins attractifs, avec à la clef des clients qui fuient vers d'autres formes d'hébergements touristiques. Vendre au plus vite Le plus inquiétant suit : les hôteliers perdent courage et notre étude révèle que 56 % des exploitants de petits hôtels interrogés veulent vendre leur affaire à court ou à très court terme. Le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française ne cesse de rappeler cette pathétique et précaire situation observée depuis ces dernières années. Notre enquête confirme qu'il est devenu urgent de répondre aux SOS des hôteliers concernés si on ne veut pas que le paysage hôtelier français se dépeuple de ses petites maisons de charme. "
Mark Watkins - Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française
L'étude complète sera présentée le 22 octobre prochain à Paris. |