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Le poids du tourisme dans l'économie nationale, année 2005
 
  Ministère du tourisme, 20 octobre 2006
  publié le 22 janvier 2006
 
 

Les activités touristiques peuvent être évaluées par un ensemble de dépenses appelé consommation touristique intérieure, lequel représente l'équivalent de 6,5 % du Produit Intérieur Brut en 2004. Si l'on y ajoute les dépenses des excursionnistes, on obtient la consommation touristique et para-touristique intérieure, qui représente 8,3 % du PIB.

En 11 ans, de 1993 à 2004, la consommation touristique intérieure a progressé de 26 % en euros courants. Toutefois cette progression est très heurtée car le tourisme est tributaire des aléas de la situation internationale. La baisse de la consommation touristique de l'année 2001 est due aux attentats du 11 septembre et celle de l'année 2003 au conflit irakien et à l'épidémie de SRAS. En 2004, elle est en nette reprise, avec une hausse de 3,3 % par rapport à 2003. Sur la même période, les emplois salariés des activités caractéristiques du tourisme ont augmenté de plus de 38 %.

De 1990 à 2003, les voyages ont constitué le premier poste excédentaire de la balance des paiements, devant le secteur agroalimentaire et l'automobile, avec un solde positif de 11,6 milliards d'euros en 2003. En 2004, le solde extérieur du tourisme est passé à la deuxième place avec 9,8 milliards d'euros, derrière l'automobile (+12,2  milliards d'euros). Le record avait été établi en 2000, avec un excédent touristique de 14,1 milliards d'euros. Avec 38 % des recettes et 28 % des dépenses, les voyages représentent également le premier poste au sein des échanges de services.

Les recettes touristiques s'établissent à 32,8 milliards d'euros en 2004 contre 32,3 milliards d'euros en 2003, en légère progression de 1,5 % en raison d'une hausse de la fréquentation des touristes et excursionnistes non-européens en France. Compte tenu de la hausse des prix, les recettes enregistrées en 2004 restent pratiquement  stables en volume par rapport à 2003. Mais le nombre des séjours des Français à l'étranger a fortement progressé en 2004,  entraînant une hausse de 11,1 % de la ligne « dépenses » de la balance des paiements par rapport à 2003 ; elles atteignant 23 milliards d'euros en 2004 contre 20,7 en 2003. C'est ce cumul d'une faible hausse des recettes et d'une forte hausse des dépenses qui a contribué à dégrader le solde extérieur du secteur du tourisme en 2004.

En 2004, les Etats-Unis et le Japon représentent seulement 15 % de ces recettes tandis que l'Europe en représente plus de 70 %. Ainsi la progression des recettes pour les touristes en provenance des Etats-Unis, du Japon et des pays du Proche et du Moyen-Orient ne compense pas la diminution des recettes de plusieurs clientèles européennes importantes ; en 2004, seules les recettes dues aux clientèles belge et espagnole ont progressé par rapport à 2003. 

Les prix constituent un élément caractéristique de la compétitivité touristique d'un pays, mais il faut les apprécier en prenant en compte les effets liés au taux de change. En 2004, le dollar continue à se déprécier vis-à-vis de l'euro : cette dépréciation dépasse 9 % en 2004 après 16 % en 2003, contrai-gnant les touristes américains à restreindre leurs dépenses (recettes en hausse de 1,2 % alors que les nuitées croissent de 5 %). En 2004, les mouvements des autres devises principales (la livre et le yen) sont de moindre ampleur : le yen s'est déprécié de 2,6 % par rapport à l'euro, tandis que la livre s'appréciait de 2 %. Au total, la compétitivité des pays de la zone euro, et de la France en particulier, a diminué en 2004 par rapport à celle des pays situés en dehors de cette zone.

En 2004, les activités caractéristiques du tourisme emploient près d'un million de personnes, soit au total 3,4 % des actifs occupés. Ils se répartissent en environ 760 000 salariés et 170 000 non-salariés. Le secteur des hôtels, cafés et restaurants représente 84 % des effectifs des activités touristiques. Depuis 1985, la croissance annuelle de l'emploi dans le tourisme est en moyenne de 12 000 emplois par an. Les activités où l'emploi progresse le plus sont la restauration, les hébergements touristiques autres que les hôtels, et les agences de voyages. Avec la création de plus de 39 000 emplois salariés en deux ans, le secteur des hôtels, cafés et restaurants a constitué le deuxième secteur créateur d'emplois sur les années 2002-2003, le premier étant celui du commerce (+ 50 000 emplois salariés en deux ans) ; en 2004, le tourisme a pris la troisième place avec la création de 11 000 emplois, derrière le secteur des services aux entreprises et celui de la construction.

D'autres emplois sont liés au tourisme quand il génère un surcroît de population présente : ce sont des emplois induits dans le commerce (alimentation, habillement...), les transports, la santé, les collectivités locales (traitement des déchets, de l'eau), ainsi que les emplois dus aux consommations des personnes tirant leurs revenus du tourisme. On estime généralement à un million le nombre d'emplois induits par le tourisme.

Le tourisme se caractérise par une proportion importante d'emplois non-salariés (18 % contre 11 % dans l'ensemble de l'économie). Cette proportion est particulièrement élevée dans le secteur des hôtels, campings, cafés et restaurants, où l'on recense un grand nombre de petites entreprises sans salariés.

L'emploi dans le secteur du tourisme comporte une part importante d'emplois saisonniers et d'emplois à temps partiel. Une exploitation spécifique des DADS réalisée par l'INSEE en 1996 a dénombré 420 000 emplois saisonniers dans les activités touristiques. Toutefois, ce phénomène d'emploi saisonnier est moins répandu dans les hôtels que dans les autres formes d'hébergement touristique : il est par exemple très répandu dans l'hôtellerie de plein air dont les terrains de camping sont rarement ouverts toute l'année, ainsi que dans les téléphériques et remontées mécaniques. Ainsi le Syndicat national des téléphériques de France évalue les effectifs des téléphériques et remontées mécaniques à 22 000 salariés dont 80 % de saisonniers.

Enfin, le niveau de qualification de l'emploi touristique est plus faible que dans les autres secteurs de l'économie. En effet, l'essentiel des emplois touristiques est généré par le secteur des hôtels, cafés et restaurants, ce qui explique que 60 % des effectifs sont des ouvriers ou des employés.


 

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Dernière mise à jour : 13 novembre 2009
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